À Kinshasa, la saison sèche réveille les douleurs des personnes affectées par la lèpre
Alors que la saison sèche s’installe à Kinshasa avec sa baisse de température et son air sec, la population adapte son quotidien, pour la plupart des Kinois, c’est le temps des tricots, écharpes et d’un répit après des grandes chaleurs. Mais pour les personnes affectées par la lèpre, ce changement de climat transforme les journées en un rude combat physique, douleurs nerveuses, crevasses, infections des plaies et difficultés de déplacement rythment leur quotidien.
« Pendant la saison sèche, les douleurs deviennent plus intenses ».
Pour de nombreuses personnes affectées par la lèpre, l’arrivée de la saison sèche est synonyme d’une aggravation des symptômes. Les témoignages recueillis à Kinshasa auprès des membres de l’Organisation des Personnes Affectées par la Lèpre au Congo (OPALCO) font état d’une recrudescence des douleurs nerveuses et articulaires, qui limitent fortement leurs mouvements.
« Dès que le froid s’installe, les douleurs dans les nerfs et les articulations deviennent plus fortes. Il nous est parfois difficile de marcher ou même d’effectuer les tâches les plus simples », confie Sandra Dongo, Coordonnatrice de l’OPALCO.
Peau sèche, crevasses et risque d’infection
La sécheresse de l’air constitue un autre défi majeur. Chez les personnes dont la sensibilité de la peau est déjà altérée par la maladie, elle provoque des crevasses parfois profondes qui peuvent se transformer en ulcères pouvant facilement s’infecter.
Généralement, la Personne affectée par la lèpre a une sècheresse sur sa peau et dans ses mains due à la perte de la fonction nerveuse. Les Bacilles de Hansen détruisent progressivement les nerfs en provoquant une insensibilité partielle ou totale.
Cette situation s’aggrave encore davantage pendant la saison sèche selon le récit des Personnes affectées par la Lèpre au Congo.
« La peau devient très sèche. Des fissures apparaissent sur les mains et les pieds et, lorsqu’elles ne sont pas soignées rapidement, elles peuvent s’infecter », explique Clarette Maji.
La poussière, très présente pendant la saison sèche à Kinshasa, complique davantage la situation, elle favorise l’irritation des plaies et augmente l’inconfort au quotidien.
Des réactions lépreuses qui compliquent la prise en charge
Cependant, selon la classification de l’OMS l’on distingue deux types de cas des personnes affectées par la lèpre : multi-bacillaires et les pauci-bacillaire. Les deux types, soient le multi et le pauci-bacillaire sont victimes des réactions lépreuses à tout moment : avant-pendant – après le traitement, surtout le multi-bacillaires, car son corps contient plusieurs bacilles ou microbes.
Ces réactions lépreuses s’observent pendant les deux saisons, mais selon l’expériences des personnes affectées par la lèpre, ceci s’accentue pendant la saison sèche
Ces observations sont confirmées par les membres de l’OPALCO. Des affirmations issues de leur expérience vécue en soulignant la nécessité d’un suivi médical régulier afin de prévenir les complications et d’assurer une prise en charge adaptée.
« Les médicaments nous permettent de continuer à vivre ».
Face à ces difficultés, les personnes affectées recommandent plusieurs mesures simples mais essentielles pour mieux supporter la saison sèche.
L’utilisation quotidienne de la vaseline est, selon elles, indispensable pour hydrater la peau et prévenir les crevasses. Elles recommandent également le port de vêtements chauds, notamment des tricots, écharpes, les chaussures adaptées, les bandages pour les éventuels pansements ainsi que l’utilisation de couvertures pendant les nuits plus froides.
La prise régulière des médicaments prescrits par le médecin contre la douleur constitue également une priorité.
« Lorsque nous prenons les médicaments contre la douleur, nous pouvons marcher plus facilement, nous déplacer et continuer nos activités quotidiennes », témoigne Sandra Dongo.
Au-delà des difficultés individuelles, ces témoignages mettent en lumière les besoins persistants des personnes affectées par la lèpre, notamment pendant les périodes où les conditions climatiques aggravent leurs situations.
Par ailleurs, il sied de signaler qu’améliorer la qualité de vie des personnes affectées par la lèpre ne se limite pas au traitement de la maladie. Cela implique également de prendre en compte les conséquences physiques, sociales et économiques qu’elles continuent de subir, parfois plusieurs années après la guérison.
